Bête à concours

Me voici pour la 3ème et dernière fois au 2 bis Rue du Conservatoire, dans le hall d'entrée du Conservatoire National d'Art Dramatique à Paris.


Je transpire, j'ai les mains moites et mon coeur éclate littéralement dans ma poitrine. Personne ne peut comprendre ce que je ressens.


Autour de moi, des dizaines de jeunes apprentis comédiens prêt à en découdre, arpentent les couloirs.

Ayant échoué par deux fois à ce concours incroyablement exigeant et sélectif, je tente vainement de me préserver de la tension des autres candidats.

Tout bouge, tourbillonne, s'agite, se déplace, gigote et remue, j'ai la nausée.

Les visages sont tendus, les bouches et les corps s'échauffent, le combat sera sanglant.

Assis sur les marches du grand escalier en marbre, je refais dans ma tête, pour la 1000ème fois, la chorégraphie virtuelle de mes scènes.

Je suis très anxieux, 30 places, 2000 candidats.

Autant dire que les chances qu'un petit provincial intègre le grand Conservatoire National, sont quasi nulles.


Tant de grands noms sont passés par là...

Belmondo, Girardot, Podalydès, Rochefort, Marielle, Nathalie Baye, la liste est longue !

J'ai beau aimé le théâtre, aujourd'hui je ne suis clairement pas dans de le plaisir de jouer, je passe un concours.

Dans un concours, il faut être "compèt" et savoir que l'avis du jury est terriblement subjectif.

On peut plaire ou déplaire, c'est binaire.

Cependant, même si je déteste les concours, je n'ai pas le choix.

Si je veux moi aussi faire partie du mythique CNSAD, je dois m'imposer, lever la tête et foncer.

Si je suis ici, je dois aller au bout.

TONNERRE, j'entends mon nom !

Ça y est, c'est à moi.


J'entre en tremblant dans la salle Louis Jouvet, la pression est à son comble.

Je ne peux m'empêcher de penser au discours de Churchill : "je n'ai à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur..."

Alors que j'ose à peine lever les yeux pour regarder le jury, le grand Samy Frey me demande : "Quelles sont vos scènes jeune homme ?"

A cet instant précis, une année entière de répétition me traverse.

Je repense à ce travail acharné, à ces doutes, à ces larmes, à toute ma volonté de bien faire et de proposer le meilleur de ce que je suis, à ce jury qui ne sait rien de mes efforts.

Mes pensées limitantes m'envahissent, les mots douloureux de mes parents qui ne croient pas en moi également.

STOP !

Vous savez ce que j'ai fait ?

J'ai pris une grande respiration et j'ai répondu clairement à cet homme en le regardant droit dans les yeux.

C'est à ce moment précis que j'ai décidé d'être enfin moi-même et d'épouser ce sublime métier d'acteur.


Tout ça pour vous dire quoi ?

Libre à vous de penser que vous n'êtes pas assez ceci ou pas assez cela.


Libre à vous d'aimer vous détester en évoquant le regard malveillant des autres.


Libre à vous de passer votre temps à ruminer vos échecs.


Libre à vous de penser que votre vie aurait pu être ceci ou cela.

Libre à vous de croire qu'il y a d'un côté les bons orateurs et de l'autre les mauvais.

Je n'ai qu'un conseil à vous donner : NE PERDEZ PLUS DE TEMPS À VOUS RACONTER DES HISTOIRES.


Si J'AI réussi, VOUS pouvez le faire !

Je ne suis pas né avec de l'éloquence, j'ai travaillé pour en avoir.

Vous voulez réussir, DÉCIDEZ DE RÉUSSIR.

Ça ne dépend que de vous.


Sébastien Lay - Cofondateur de Spin Compagnie


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