De l'estime à l'acceptation de soi ...


Dans la pièce « Huis clos » de Jean-Paul Sartre, deux femmes et un homme qui viennent de mourir se retrouvent réunis dans un petit salon et discutent de leurs vies respectives.

Très vite apparaissent regrets, jugements, jeux de séduction, rivalités et jalousies…


Les trois défunts apprennent qu’ils devront passer l’éternité confinés ensemble, sans pouvoir ni dormir ni s’isoler, dans ce salon à la lumière perpétuellement allumée.


L’un des personnages a alors cette réplique qui résume la situation et la pièce : « l’enfer, c’est les autres ».


Cette formule pourrait aussi résumer la peur principale de ceux qui redoutent de prendre la parole en public : la peur du regard des autres.

Peur de mal faire, d’être jugé sur ce qu’on va dire, mais aussi sur notre apparence, sur notre façon de bouger, de parler, d’être habillés…

Et là, on pourrait dire que l’enfer, ce n’est plus les autres, le regard des autres, mais soi-même.

Et ce manque d’estime de soi peut affecter tous les aspects de notre vie et créer un brouillard de négativité…



Comment y voir clair ?


L’estime de soi est le jugement que chacun porte sur lui-même, sur sa personnalité et c’est aussi ce jugement qui influe sur nos attitudes et action quotidiennes. L’estime de soi pourrait être définie par le fait que l’on se considère « valable ».


La confiance en soi est la sensation que l’on a la capacité à affronter une situation particulière. La confiance en soi pourrait être définie par le fait que l’on se considère « capable ».



L’acceptation de soi pourrait être définie comme la confrontation de nos capacités face au monde extérieur, et aux autres. Par exemple, c’est ce qui motive des phrases comme « par rapport à un untel / une telle / telle situation, je me trouve bien / pas bien, trop / pas assez ». Et l’acceptation, ça revient à dire « malgré tout ça, j’accepte d’être (et de faire) comme je suis ».


Bref, l’acceptation de soi va souvent de pair avec une certaine philosophie : on n’est pas parfait, mais on arrive à vivre avec ses imperfections, ses erreurs, ses manques, ses frustrations, ses interrogations.

Notre niveau d’estime de nous-même détermine notre capacité à agir, à poursuivre les objectifs que nous nous fixons, à nous surpasser.


Cette estime détermine les limites que nous nous fixons, soit en termes d’objectif à atteindre, soit en termes de limites qui nous empêcheraient d’atteindre ces objectifs, notre capacité à surmonter les obstacles que nous rencontrons.


Une bonne estime de soi permet également de mieux rebondir après un revers ou un échec.

Une personne ayant une bonne estime d’elle-même aura une nature plus charismatique, elle véhiculera une énergie positive, et n’aura pas de difficulté à exprimer ses besoins. Il y a quelque chose de « bon, je ferai mieux la prochaine fois, ce n’est pas grave ».


Enfin, notre niveau d’estime de nous-mêmes influencera notre rapport aux autres : c’est, en partie, ce qui fera que le regard des autres est un enfer ou pas.


Mr Tzvetan Todorov, directeur de recherche au CNRS et sémiologue nous rappelle que «nous avons tous besoin d’être reconnus par autrui pour exister. Que l’on cherche à être perçu comme leur semblable ou comme différent d’eux, les autres nous confirment notre existence. »


Les autres jouent donc un rôle essentiel dans de la construction de notre estime de nous-mêmes.


Le jugement des autres est à peu près inéluctable, mais il ne faut pas partir du point de vue que ce jugement sera forcément négatif…





Nos conseils pour améliorer son estime de soi ?


1. Travaillez sur votre posture :


Je vous propose un exercice sur la posture mettant votre corps à contribution :

Représentez-vous une personne qui a une juste estime d’elle-même.


Imaginer sa posture, sa tête, sa voix et son corps dans l'espace.

Cette personne est donc sûre d’elle ?


A vous de jouer : mimez ces attitudes qui vous plaisent, prenez-vous au jeu, prenez-vous au sérieux et essayez : c’est aussi simple que ça.


Développer la confiance en soi et restaurer l’estime de soi requièrent une volonté de développer la conscience de soi, et de dépasser ses croyances limitantes.


Les personnes ayant très peu confiance en elle ont tendance à occulter les aspects positifs de leur personnalité et se concentrent exclusivement sur ce qu’elles aimeraient améliorer.



2. L'inventaire des petites victoires :


Une bonne façon d’entretenir une bonne image de soi est de garder en mémoire les réussites et les situations heureuses de notre vie.


Par exemple, vous pouvez tenir un journal, noter vos accomplissements : chaque jour, on peut remporter de petites victoires qui, si on les regarde à la fin de la journée, peuvent nous rappeler que nous avons fait des efforts, que nous avons finalement de la valeur, que nous sommes capables


On peut aussi ajouter à cet inventaire de nos petites victoires ordinaires des photos immortalisant les moments heureux et faits marquants de nos vies, et les réunir dans un bocal à souvenirs.


Quelle que soit la méthode choisie, l’objectif est de limiter le flot de pensées négatives et de fixer dans notre esprit davantage de pensées positives.

S’accepter revient à se soutenir plutôt qu’à se blâmer lorsque nous rencontrons des difficultés, à s’encourager au lieu de se dévaloriser, lorsque nous essayons de sortir de notre zone de confort ou tout simplement que nous luttons et vivons.


Le but n’est pas d’avoir une perception erronée de soi, de se vanter ou de critiquer et rabaisser les autres : L’essentiel est de parvenir à une juste estime de soi.

Et vous ?

Quelles sont vos astuces pour entretenir au quotidien un juste niveau d’estime de vous-même ?


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Co-Auteurs Ludovic Maitre & Frédéric Brouquère

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